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lundi, août 15, 2005

La crise (et la microséparation)

C’était le jeudi après le week-end à Londres et le ratage du poste à Florence qu’A. considérait comme son échec. Il est revenu de son bureau passablement de mauvaise humeur car il ne trouvait pas de moyens pécuniairement et temporellement satisfaisants pour qu’on puisse se voir de façon régulière les week-ends.
Pour lui changer les idées, je lui ai proposé d’aller au ciné et de voir la guerre des mondes qu’il souhaitait voir et dont j’étais curieux (ben oui je me demandais comment on pouvait faire un blockbuster avec une fin pareille). Pendant tout le chemin il s’est montré un peu exaspéré et désespéré sur l’avenir de notre relation et j’essayais de lui remonter le moral du mieux que je pouvais.
En rentrant on a passé encore une demi-heure sur Internet à chercher tous les moyens possibles de rallier Bruxelles et Florence de façon régulière et compatible avec nos budgets sans aucun résultat.
J’étais d’humeur assez étrange. Moi aussi j’étais un peu désespéré en juin quand il m’avait appelé d’Allemagne et qu’il m’avait dit qu’il fallait qu’on y pense. Mais comme il y avait la perspective de son travail à Florence et que je voulais qu’on en parle face à face, j’avais rangé soigneusement l’idée dans un coin reculé de ma tête.
Avec cet espoir perdu tous mes doutes me revenaient avec encore plus de force.

On s’est couché et on a commencé à discuter. Il m’a dit qu’il était amoureux de moi, qu’il voulait qu’on reste ensemble et qu’on devait trouver un moyen de se voir régulièrement.
Moi bien sûr j’étais très touché par ce qu’il me disait et tout mon cœur me disait la même chose. Mais mon putain de côté rationnel avait lui aussi son mot à dire. Il y avait plusieurs facteurs : le temps (semaine chargée pour lui comme pour moi avec impossibilité de se libérer), l’argent (impossible de faire un Bruxelles/Florence direct) et une autre idée stupide. Je m’étais bloqué sur une durée de quatre ans à Florence et je me disais que c’était un peu égoïste de ma part de « gâcher » quatre années de la vie d’A. alors qu’il pouvait très bien trouver quelqu’un d’autre (c’était vraiment sincère mais bon il faut l’avouer je me disais aussi que j’aurais du mal d’avoir une relation à distance sur quatre ans)
Bon il faut aussi ajouter que la scène était un peu plus dramatique que ça. A. était très triste et moi j’étais sur le bord des larmes parce que je ne savais pas quoi faire et que la décision m’appartenait.

Et c’est là que j’ai vraiment déconné et fait quelque chose que je regrette vraiment.
On peut dire que j’ai fait la balance. Il attendait mon choix. Je lui ai dit d’abord que je pensais qu’on devait rester ensemble et qu’on verrait. On a continué à discuter et Il m’a dit que si je le quittais je ne pouvais pas rester car ça lui ferais trop mal (je devais rester encore une quinzaine de jours). Ça a été comme un déclic pour moi, je ne sais pas pourquoi. Je suis resté silencieux pendant une dizaine de minutes avec mes pensées qui tournaient follement dans ma tête et mon cœur qui battait. Je me suis levé et j’ai commencé à marché dans la pièce et m’éloigner du lit. Je me suis adossé au rebord de la cuisine et je lui ai dit d’une voix ferme et décidée que je le quittais et que je partirais soit le lendemain soit le jour d’après. J’avais pris ma décision fermement dans ma tête et c’est ce qui me semblait la meilleure décision (il est moins douloureux de trancher dans le vif dans l’instant que d’atermoyer à l’infini sur quelque chose qui est de toute façon condamné). Il m’a rejoint sans me toucher et s’est mis à éclater en sanglots en me disant que ce n’était pas possible que ça finisse comme ça.
En lui annonçant la nouvelle je ne me sentais pas coupable et même soulagé d’avoir pu prendre une décision. Il est inutile de dire que quand je l’ai vu pleurer toute ma certitude s’est envolée d’un coup et que j’ai commencé à me demander si je n’avais pas fait une erreur.
Il a continué pleurer et je me suis rendu compte tout à coup que j’étais stupide. Sans le toucher j’ai essayé de le consoler sans résultat. Soudain sans réfléchir, je l’ai pris dans mes bras et j’ai repris ma voix décidée pour lui dire que j’étais con, que je l’aimais, que je ne le quittais plus et qu’on allait rester ensemble et essayer de trouver une solution. (Mon deuxième prénom c’est Girouette et oui, Jean Pierre, c’était mon dernier mot).

Et çà l’était. Etrangement dans ma tête tout devenait clair et je ne comprenais pas pourquoi je ne l’avais pas vu plutôt. Je l’aimais lui aussi et on trouverait bien une solution. En plus même si ma première année serait chargée ça ne durerait pas quatre ans et j’aurais des périodes de ma vie où je pourrais partir de Florence pour aller à Bruxelles.
On est retourné au lit et je l’ai rassuré du mieux que j’ai pu parce qu’il avait été effrayé par la facilité apparente avec laquelle je l’avais abandonné. J’étais honteux d’avoir « joué » avec lui pendant plus d’une heure sans pouvoir me décider alors que lui dès le début avait fait preuve d’un amour sans faille.
On a encore discuté un peu et on a fait l’amour. Ça a été très doux et très tendre. On avait encore chacun les yeux humides des larmes versées et le corps et la tête vidés après la crise qui avait eu lieu. Chacun redécouvrait l’autre et mesurait ce qu’il avait perdu l’espace d’un instant.
Les jours suivants on a réussi à trouver des arrangements. Une séparation de deux mois et demi avant des retrouvailles en novembre d’une semaine à Florence, suivis de week-end à Londres et à Paris au cours du même mois.
Mais surtout je me suis excusé en l’invitant au restaurant et en lui faisant des petits cadeaux. En étant tendre et aimant et en lui montrant ce qu’il est.

Mon seul amour.

Posted by Endy at 03:38

 
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